« Nous espérons que l’Unesco prendra les mesures pour rendre possible le retour d'Israël dans l’organisation. »

Paris, le 14 juin 2019

Ce 15e concours annuel d’essais, coorganisé par le Centre Simon Wiesenthal-Europe (CSW), l’association Verbe et Lumière-Vigilance (VLV) et le Centre de recherche et d’éducation sur l’Holocauste (Russian Holocaust Centre, RHC), invite comme chaque année à Paris cinq étudiants lauréats, qui viennent présenter à l’Unesco les résultats de leurs recherches.

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De gauche à droite, assis : Robert Créange, rescapé de l’Holocauste, Ilya Altman, Rabbi Delphine Horvilleur,
Stefania Giannini, François Picard, Francis Kalifat, Graciela Vaserman-Samuels ;
debout : Sheila Ryan, Amb. Massimo Riccardo, Olga Drozhzhina, Cécile Rivière, Gabriel Paulus,
Katharina Bonnenfant, Evgenii Vlasov, Karel Fracapane, Stéphane Teicher, Alexeiy Kovalenko,
Amb. Claudia Reinprecht, Amb. Alexander Kuznetsov, Alla Gerber, Shimon Samuels, Richard Odier,
Victoria Shestakova, Angelina Sudeikina, Alex Uberti, Evelyne Monas.

Cette année, les gagnants viennent de Moscou, Saint-Pétersbourg, Saratov et Kostroma ; le cinquième est un bénévole autrichien au RHC qui fait ses études à Vienne.

Assistaient à la cérémonie les délégations permanentes auprès de l’Unesco d’Autriche, France, Allemagne, Italie et Russie, ainsi que le président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). Stefania Giannini, sous-directrice générale pour l’éducation à l’Unesco, a ouvert la séance.

Elle a défini l’Holocauste « comme un événement caractérisé par son unicité, qui nous enseigne comment une idéologie haineuse prend racine et contamine la société, et comment des institutions fragiles s’y soumettent ».

L’ambassadeur de Russie, Alexander Kuznetsov, a centré son discours sur la mémoire collective : « 2,7 millions de Juifs assassinés étaient des citoyens soviétiques, et 80 % de la machine de guerre allemande s’est battue contre l’Armée rouge, qui a fini par la détruire. »

Le président du CRIF, Francis Kalifat, a mis l’accent sur la Shoah « en tant que résultat de l’antisémitisme – une épidémie sociale… La lutte contre l’antisémitisme n’est pas un menu à la carte. C’est sous toutes ses formes que l’antisémitisme doit être contré ». Il a souligné « l’urgence de reconnaître que la haine d’Israël équivaut à la haine des Juifs ». Il a félicité la décision du président Macron d’adopter pour la France la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste.

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Avec les lauréats devant le mur Yitzhak-Rabin, offert par Israël. Y est inscrit en dix langues,
dont l’hébreu, le préambule de l’acte constitutif de l’Unesco : « Les guerres prenant naissance
dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix. »

Alla Gerber, présidente du RHC, a observé que « l’Holocauste n’a pas été évoqué dans l’Union soviétique d’après-guerre : le prétendu ‘‘complot des médecins juifs’’ de Staline constitue une forme de génocide de la mémoire… Ce n’est qu’en 1992, après la pérestroïka et le retour à la démocratie, que nous avons commencé, à partir de zéro, à éduquer contre l’antisémitisme et à empêcher sa résurgence… Historiquement, l’Holocauste a principalement touché les Juifs, mais c’est une tragédie qui concerne l’humanité entière ».

Rabbi Delphine Horvilleur a discouru sur l’origine étymologique de midor ledor (« de génération en génération ») : « Lorsqu’on tresse un panier, les brins de corde sont liés les uns aux autres, chaque lien renforçant le nœud entre ce qui a été et ce qui sera… De génération en génération, la tradition juive tisse quelque chose de fort, même sur des bases affaiblies ou brisées. »

Elle a apporté son témoignage personnel : « J’ai grandi dans un monde de silence, car mes grands-parents rescapés vivaient assoupis dans une torpeur – comme s’ils faisaient partie d’une espèce menacée. Ils ne parlaient jamais de l’épreuve qu’ils avaient subie. J’ai cherché des réponses dans les livres sur l’Holocauste, imprégnée de l’écho de leur silence. Nous, la troisième génération, nous marchons dans une forêt de vies arrachées. Nous sommes les gardiens de leur mémoire. »

François Picard, présentateur sur la chaîne télévisée France 24, a rappelé l’époque où il avait rencontré pour la première fois Shimon Samuels : « C’était au cours du procès d’un collaborateur des nazis, procès qui avait levé le voile sur des crimes personnels et collectifs. Au même moment, le ‘‘jamais plus’’ se reproduisait au Rwanda. » Il a parlé d’histoires nouvelles qui apportent un éclairage sur le passé : « Une histoire a des jambes… Le récit autour de l’anniversaire du Débarquement diffère d’année en année. Il faut briser les chambres d’écho, comme nous le faisons avec cet exercice d’essais sur l’Holocauste. » « Qui dit génocide dit déshumanisation. Son antidote, c’est l’empathie », a-t-il souligné.

Shimon Samuels, le directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal, présidait la réunion. Il a évoqué un rassemblement, international et intergénérationnel, de rescapés de génocides (amérindien, arménien, juif, cambodgien, rwandais…), qui s’était tenu à Kigali, au Rwanda, quelques mois après le génocide. « Assis en cercle à la nuit tombante, chacun a raconté son histoire, celle d’une valise, celle d’une pomme de terre, etc. Il n’y avait pas d’ordre hiérarchique des souffrances, juste une parfaite empathie. »

L’oncle de François Picard, Robert Créange, qui a échappé enfant à la Shoah, est le fils d’un poète engagé dans la résistance intellectuelle contre le nazisme. Toute sa famille avait été raflée par la police française et détenue au Vel d’Hiv dans l’attente d’être déportée à Auschwitz. M. Créange a narré le sadisme de la police, qui avait coupé l’eau dans le stade, et le taux élevé de suicides parmi les détenus affamés.

Il a aussi relaté comment sa famille a réussi à fuir Paris et, alors qu’ils se rendaient dans le sud de la France, le sacrifice de ses parents qui a permis à sa sœur et à lui-même de s’échapper puis, finalement, de retrouver le seul autre rescapé de la famille, leur vieux grand-père, en 1946.

Ilya Altman, fondateur et coprésident du RHC, a expliqué qu’il avait même reçu des essais du Mexique, de Corée du Sud et du monde entier, mais pas encore de France. Il a exprimé l’espoir que d’importants efforts soient faits au niveau international pour sensibiliser les jeunes générations. Il a ensuite présenté les cinq lauréats, qui ont exposé le résumé de leurs travaux (voir le lien en fin de page).

- Olga Drozhzhina, étudiante en maîtrise à l’Université pédagogique d’État de Moscou (Russie) : « Réflexion sur l’Holocauste dans la littérature mondiale »

- Gabriel Paulus, étudiant à l’université de Vienne (Autriche) : « Le sort des Juifs autrichiens en Union soviétique (pendant l’occupation nazie) »

- Victoria Shestakova, étudiante en maîtrise à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg (Russie) : « Le cinéma italien en tant que vecteur pour étudier la mémoire culturelle de l’Holocauste en Italie »

- Angelina Sudeikina, étudiante en droit à l’Académie d’État de Saratov (Russie) : « La responsabilité criminelle de la Fédération russe pour sa falsification de l’histoire de l’Holocauste »

- Evgenii Vlasov, étudiant à l’Université d’État de Kostroma (Russie) : « Comment les étudiants appréhendent l’Holocauste : une expérience de recherche sociologique dans la ville de Kostroma ».

L’ambassadrice d’Autriche, Claudia Reinprecht, a commenté son action à l’Unesco, en collaboration avec le Centre Wiesenthal, contre un char antisémite qui défilait au carnaval d’Alost, en Belgique. « Les Autrichiens ont perdu des voisins, des amis, des collègues dans l’Holocauste… C’est une grande perte pour l’humanité tout entière. Il est d’autant plus important d’être vigilant contre l’antisémitisme. »

L’ambassadeur d’Italie, Massimo Riccardo, a suggéré une approche éducative pour combattre l’antisémitisme, en se servant de tous les instruments culturels mis à disposition par l’Unesco.

Alexeiy Kovalenko, membre de la délégation russe, a mentionné « le monument à la résistance juive dans les camps et ghettos », inauguré le 4 juin à Moscou par le président Poutine, et comment « la délégation russe va continuer à faire office de porte-flambeau pour ce programme de lauréats, pour la mémoire des victimes et contre la normalisation de toutes formes de discrimination ».

Alla Gerber a ajouté : « Nous ne devons pas concentrer nos efforts uniquement sur ceux qui sont morts, mais nous devons surtout contrer l’indifférence à l’héroïsme en présence du mal, pour neutraliser les racines de la haine. »

Katharina Bonnenfant, membre de la délégation allemande, a qualifié les étudiants lauréats de « lumières face aux ténèbres ».

Stéphane Teicher, représentant du B’nai B’rith International, a surnommé le char de carnaval belge « une tolérance nouvelle de l’intolérance ».

Le président de Verbe et Lumière-Vigilance, Richard Odier, a conclu la réunion par une citation de Martin Luther King Jr : « Il faut combattre la haine de deux manières, par la justice et avec de l’empathie. » Il a dit sa satisfaction d’entendre parler l’hébreu dans une institution qu’Israël a quittée. « J’espère que l’Unesco prendra les mesures nécessaires pour rendre possible le retour d’Israël dans l'organisation. »

Résumés des essais (en anglais) : Students_reports_at_UNESCO_2019.pdf

Sous le thème : « Se souvenir et transmettre. »

 

Paris, le 8 avril 2019

À l’occasion de la 25e commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda, l’ONG Ibuka France, en partenariat avec le Mémorial de la Shoah, la Fondation pour la mémoire de la Shoah, la Mairie de Paris, l’École des hautes études en sciences sociales, l’UEJF (Union des étudiants juifs de France), SOS Racisme, l’Institut des hautes études sur la justice, Médecins du Monde et des associations qui œuvrent dans le domaine de la mémoire, a convié, du 22 mars au 24 mai dernier, les personnes intéressées à l’ensemble de ses manifestations, en Ile-de-France et en régions : expositions, conférences, rencontres, cérémonies… Une opportunité unique de se pencher sur le dernier génocide du XXe siècle, d’en comprendre les origines, les conséquences, et surtout d’affirmer son soutien à ceux qui en furent les victimes et à leurs familles.

 

Comme chaque année, le Centre Simon Wiesenthal est présent pour ces cérémonies, mais aussi dans les programmes pédagogiques et militants autour des leçons du dernier génocide du XXe siècle.

 

Dimanche 7 avril s’est tenue à Paris la cérémonie officielle de commémoration, une journée chargée en émotions et caractérisée par des moments forts : rassemblement au jardin du Luxembourg (Paris 6 e), marche silencieuse vers le parc de Choisy (Paris 13 e), cérémonie de commémoration au parc de Choisy (Paris 13 e), dépôt d’une gerbe à la stèle du cimetière Père-Lachaise (Paris 20 e), recueillement au siège de Médecins du Monde (Paris 18 e).

 

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Photo prise au cours de la journée de commémoration du 7 avril. De gauche à droite : Gabrielle Rochmann, Fondation
pour la mémoire de la Shoah ; Marcel Kabanda, Ibuka France ; A
line Le Bail-Kremer et Dominique Sopo, SOS Racisme ;
Caroline Madsac, Collectif Urgence Darfour ;  Richard Odier, Centre Simon Wiesenthal ; Frédéric Jacquet, Médecins du monde.

 

Rappel des faits : en 1994 au Rwanda, la communauté tutsi fut vouée à l’extermination par des tueurs extrémistes hutu qui mobilisèrent les moyens de l’État et une large frange de la population civile. La communauté internationale assista, passive, au massacre de plus d’un million d’innocents. Pendant trois mois, d’avril à juillet 1994, du fœtus au vieillard, aucun Tutsi ne fut épargné dans cette traque, pas plus que les Hutu ayant choisi de ne pas adhérer à la logique meurtrière. Les trois quarts des Tutsi périrent dans ce qui deviendra le dernier génocide du XXe siècle.

 

Ibuka, « souviens-toi » en kinyarwanda, la langue nationale du Rwanda, est une ONG présente dans plusieurs pays. Elle œuvre pour la mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda, la justice envers les responsables de crimes génocidaires et le soutien aux rescapés des massacres perpétrés en 1994. Elle a fait sienne la devise d’Elie Wiesel : « Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l’oubli. »

 

Voir le programme complet des commémorations sur :

https://www.ibuka-france.org/wp-content/uploads/2019/03/Programme-VD-25e-Commemoration_2019.pdf

 

Paris, le 4 avril 2019

 

Du 2 au 4 février dernier s’est tenue à Paris la « première rencontre intergénérationnelle des survivants de la Shoah, combattants juifs, enfants cachés, Justes de France ». Organisé par le Mémorial de la Shoah et une trentaine d’associations, dont le Centre Simon Wiesenthal et son émanation, l’association Verbe et Lumière – Vigilance, ce forum a rencontré un franc succès, avec plus de six cents participants.

 

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Toutes les générations y étaient réunies autour d’intérêts communs, pour les aider à regarder le passé et à aller vers le futur, renouveler les anciennes amitiés et en nouer de nouvelles, travailler à la transmission, assurer la mémoire de la Shoah, continuer les combats contre l’antisémitisme et l’oubli. Le Forum Générations de la Shoah veillait sur la mémoire des 6 millions de Juifs exterminés dans la Shoah dont 1,5 million d’enfants.

 

Une cinquantaine d’associations apportaient leur soutien financier à ce forum. Pour sa part, l’association Verbe et Lumière – Vigilance y contribuait avec une subvention de 3 000 euros.

 

Des intervenants de renom, tels Boris Cyrulnik, Jean-Claude Grumberg, le Grand Rabbin Olivier Kaufmann ou Serge Klarsfeld ont animé ateliers et conférences, divisés en trois sessions : « L’histoire de ma famille en héritage » (sept ateliers), « La transmission sous toutes ses formes » (trois conférences suivies de sept ateliers), et « Agir pour se souvenir, transmettre et prévenir » (six ateliers).

 

Au nombre de cette dernière session, Richard Odier, président du Centre Simon Wiesenthal France et de l’association Verbe et Lumière – Vigilance, est intervenu dans l’atelier qui a fait salle comble : « Lutter contre l’antisémitisme contemporain : échange entre militants, responsables publics et communautaires, et générations. » Voici son allocution.

 

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De gauche à droite : Sacha Ghozlan (UEJF), Jonathan Arfi (Crif), Rabbin Michel Serfaty (AJMF), Alice Tajchman (FMS),
Richard Odier (CSW), Annette Bloch (Licra Lyon), Jacques Fredj (Mémorial de la Shoah).

 

Allocution de Richard Odier, président du Centre Simon Wiesenthal France et de l'association Verbe et Lumière - Vigilance

 

« Afin d’apporter ma réflexion à cet atelier, l’héritage de Simon Wiesenthal à l’appui, je propose deux préalables, quatre constats et trois courtes conclusions.

 

« Préalables

 

« Nous devons admettre que le fameux ‘‘devoir de mémoire’’ ne fonctionne pas pour lutter contre l’antisémitisme :

 

« 1. Une enquête publiée par la chaine CNN à l’occasion des cérémonies anniversaires de la libération du camp d’Auschwitz de janvier 2018 indique que 25 % des jeunes Français disent ne pas connaître la Shoah – alors même que ce programme a été étudié au minimum trois fois dans le cursus scolaire obligatoire. Ce n’est ni un problème de professeurs ni d’écoles à ce niveau, mais de ‘‘phénomène’’. En l’occurrence, la Shoah ne marque pas les esprits ! Par ailleurs, cette enquête révèle qu’un quart des personnes interrogées en Europe trouvent que les Juifs ont ‘‘trop d’influence’’. Je ne commenterai pas ce ‘‘trop’’ !

 

« 2. Je suis intervenu à la remise du prix Annie et Charles Corrin du FSJU (Fonds social juif unifié) récompensant le meilleur programme scolaire sur l’éducation de la Shoah, en janvier 2018, dans l’établissement public le plus prestigieux de Paris, le lycée Louis-le-Grand. Boris Cyrulnik y remettait ce prix. Or, malgré la remarquable présence du proviseur, aucun élève de ce temple de la République n’est venu à cet événement. Aucun élève des fameuses classes préparatoires, qui pourtant connaissent tous Boris Cyrulnik et qui auraient sûrement eu une excellente note pour un devoir sur les génocides. On voit ainsi une parfaite dichotomie entre engagement et éducation, entre savoir et empathie.

 

« Constats

 

« 1. La Justice ne peut résoudre tous les problèmes liés à l’antisémitisme. On ne peut trouver de justice complète après un génocide. Pour la Shoah, il n’y a eu que quelques centaines de procès de 1945 à 1947, souvent liés à une justice militaire, comme les procès de Nuremberg. De 1949 à 1970, il n’y aura que quelque six mille jugements, alors que le crime a été commis par des centaines de milliers de personnes. À la suite de ces procédures, il n’y aura en réalité que quelques condamnations. Les grands chasseurs de nazis, tels que Simon Wiesenthal ou Beate et Serge Klarsfeld, ont été seuls dans leur combat, entourés par une petite poignée de militants.

 

« 2. Comme le disait Axel Corti il y a plus de trente ans dans son formidable film Welcome in Vienna : ‘‘Ils ne nous pardonneront pas le mal qu’ils nous ont fait.’’ Les plus de 69 % d’actes antisémites du premier semestre 2019 en France, comme les sondages sur les préjugés de CNN, montrent combien sa prophétie fut juste.

 

« 3. L’erreur des leçons de la Shoah est de n’avoir pas fait comprendre que cette catastrophe n’est pas un événement calendaire 1939-1945 ou même 1933-1945, mais qu’elle se place dans une histoire millénaire de préjugés, ‘‘d’enseignement du mépris’’ à l’encontre des Juifs. Si l’on enseigne le sort de nos six millions de frères et sœurs avec cette seule vision de la Seconde Guerre mondiale, alors on ne comprend rien au phénomène et il ne devient qu’un ‘‘accident’’, certes tragique, de ‘‘l’Histoire’’.

 

« 4. La Shoah a généré ou amplifié le sentiment de précarité existentielle des Juifs. Cette destruction a porté un souffle au-delà de l’événement. Néanmoins, on est fille et fils de déportés, descendant de survivants, mais on n’est pas déporté de père en fils. Et donc, pour ceux qui ne veulent pas le comprendre, et pourtant on entend leur souffle pleinement, on n’est pas colonisé ou indigène de pères/mères en fils/filles !

 

« Distinguer les choses, être précis sur les mots, c’est la définition même du judaïsme, selon le Grand Rabbin français Olivier Kaufmann. Pas de concurrence des mémoires, écoute de l’Autre, empathie, voire militantisme commun lorsqu’il y a respect, comme le fait le Centre Wiesenthal au sein du Collectif Urgence Darfour, dirigé par l’ancien président de Médecins du Monde, Jacky Mamou, avec nos amis arméniens, tutsis du Rwanda, mais surtout avec nos frères humains, de la Licra à SOS Racisme.

 

« Conclusions

 

« 1. Pour combattre l’antisémitisme, on se doit d’être précis, vigilants, intègres, et de refuser toute globalisation de l’Autre (les Arabes, les Noirs, les femmes, les roux, les séfarades…).

 

« 2. La deuxième action passe encore par le vote républicain, et notamment celui, obligatoire pour les prochaines élections européennes, de refuser les extrêmes et les populistes de l’extrême gauche et de l’extrême droite.

 

« 3. A la question sur l’optimisme ou le pessimisme, nous connaissons tous la fameuse blague juive disant que les pessimistes finirent à Hollywood quand les optimistes finirent à Auschwitz. En réalité cette histoire ne reflète pas la vision de deux grands prophètes du judaïsme contemporain :

 

« Le premier, un Cohen évidemment, Leonard de son prénom, le chanteur et poète canadien, qui, à la question ‘‘Êtes-vous optimiste ou pessimiste ?’’ répondait avec sagesse : ‘‘Je suis un prophète de la catastrophe.’’ Lorsque le tonnerre gronde mais qu’il ne pleut pas, l’optimiste dit ‘Il ne pleuvra pas’’, le pessimiste dit ‘‘Il va pleuvoir’’. Le Juif est obligé d’attendre pour agir en fonction du moment. On se doit d’être agile en permanence.

 

« Le second grand prophète du judaïsme contemporain, c’est David Ben Gourion, qui, dans le même esprit que Leonard Cohen, disait que l’essence même du judaïsme est le momentum.

 

« Pour l’antisémitisme, c’est la même chose : on doit s’adapter en permanence, il mute et nous devons constamment proposer des actions du moment. »

                                             

Programme_du_Forum.pdf

carton rouge

« ... Nous devons donner un carton rouge à toutes les expressions de préjugés dans le sport. »

Ce programme a jusqu’ici été présenté par le Centre Simon Wiesenthal, avec le soutien de Verbe et Lumière - Vigilance, à la Coalition des villes européennes contre le racisme et autres formes de discrimination (ECCAR) et au Parlement des pays d’Amérique latine (Parlatino), à la direction de la FIFA et de l’UEFA... et est progressivement en cours d’adoption par plusieurs clubs sportifs, en coordination avec les administrations de leurs villes respectives.

1) Chaque club membre d’une fédération émettra une déclaration publique pour annoncer son opposition à toute forme de racisme, de haine ou d’intolérance, et infligera une sanction à l’auteur dudit acte, conformément à un verdict qui sera visible à tous ceux qui fréquentent ces rencontres.

2) Les clubs doivent condamner publiquement pour racisme les chants, symboles, bannières et comportements racistes, xénophobes, discriminatoires ou néo-nazis au cours des matches.

3) Les détenteurs de cartes d’abonnement doivent signer une déclaration sous serment qui les engage à ne pas participer à des incidents racistes. Toute violation à cet engagement constituera une raison suffisante pour leur interdire l’entrée au club.

4) Empêcher la diffusion et la circulation de documents racistes, xénophobes, discriminatoires et qui prônent l’intolérance et/ou leur publication à l’intérieur du stade et/ou dans les zones environnantes.

5) Prendre des mesures disciplinaires contre tout joueur, entraîneur, journaliste et supporter qui se serait impliqué dans des affaires de racisme, discrimination et xénophobie, que ce soit à l’intérieur du stade ou sur les réseaux sociaux.

6) Etablir le contact avec d’autres clubs collègues afin de s’assurer qu’ils sont convenablement informés du règlement de l’institution en ce qui concerne le racisme, la xénophobie, la discrimination ou l’intolérance.

7) Coordonner les procédures anti-racistes avec la police, les organismes d’application de la loi et le personnel de sécurité propre à chaque club afin de déterminer des stratégies communes pour pénaliser les cas de racisme, de xénophobie et de discrimination.

8) Supprimer, retirer ou éliminer toute affiche, tout panneau, graffiti ou autre matériel raciste, xénophobe ou discriminatoire qui serait présent dans les stades.

9) Adopter une politique d’égalité des chances en ce qui concerne l’embauche et la prestation de services.

10) Travailler en collaboration avec divers groupes tels que joueurs, supporters, bénévoles, instituts de formation sportive, écoles, mécènes, commerçants, police, communications médiatiques, société civile et académies, afin d’élaborer des plans d’action destinés à empêcher, éliminer et sanctionner toute expression de racisme, xénophobie et intolérance.

11) Instituer une récompense qui reconnaisse, à la fin de chaque saison, le club ou le sportif qui, au cours de ladite période, aura promu ou réalisé les meilleures pratiques contre le racisme, la xénophobie et la discrimination.

Depuis 2005, l’association Verbe et Lumière - Vigilance soutient des initiatives de commémoration du génocide rwandais qui ont eu lieu en France et au Rwanda.

 

Livret pour la commémoration des génocides (rwandais, arménien et juif) publié en collaboration avec l’EEIF, le mouvement scout des Éclaireuses et éclaireurs israélites de France. 

 

Richard Odier à Kigali avec les autres participants du voyage de la Mémoire de l'Hashomer Hatzair, du CRJ et de la Première Dame du Rwanda, Mme Kagame, au palais présidentiel.

 

Shimon Samuels avec les membres de l’association pour la mémoire du génocide au Rwanda: IBUKA.

 

Lors de la « 4e Rencontre internationale des mémoriaux et de l’éducation à la citoyenneté - Réunion Chaire Unesco sur Extrémismes, radicalisations et rapport à la vérité », les activités de l’association Verbe et Lumière-Vigilance ont été présentées aux représentants de mémoriaux, d’universités et de centres d’étude en France, Italie, Allemagne, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Tunisie, Maroc, Rwanda, Cameroun et ailleurs.                                                    

Le site mémorial du Camp des Milles est un musée d'histoire et un lieu de mémoire préservé, mais aussi un laboratoire pluridisciplinaire donnant des clés de compréhension pour réagir à temps face aux crispations identitaires et aux extrémismes. Son action éducative et culturelle est destinée à renforcer la vigilance et la responsabilité des citoyens face au racisme, à l'antisémitisme et à tous les fanatismes. 

Dans ce cadre, Alain Chouraqui, président de la Fondation Camp des Milles, a invité un représentant de Verbe et Lumière-Vigilance à présenter ses activités. 

Alex Uberti a illustré les différentes activités soutenues par l’association, dont le travail de presque deux décennies avec la Commission d’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS), les expositions (« Le Peuple, le Livre, la Terre », « L’Euthanasie nazie des handicapés », « Médecins guerriers », « Génocides »...), les films (« La Rafle », mais également les films du Centre Wiesenthal projetés en France), les ouvrages (« L’Antisémitisme : la haine générique »,  « Livre de cuisine des rescapés - les recettes des grand-mères »), le « Calendrier multiconfessionnel 2018 » et le Concours annuel d’essais universitaires russes sur la Shoah... des projets, d’une part, axés sur le maintien d’une mémoire vive, et de l’autre, conçus comme des « antidotes » à la recrudescence de l’antisémitisme et d’autres formes de discrimination.

 


Alex Uberti avec Lena Casiez, directrice de recherche du Camp des Milles.

Plusieurs intervenants ont montré leur intérêt, entre autres, pour présenter nos expositions dans leurs instituts mémoriels, pour traduire notre calendrier multiconfessionnel dans davantage de langues, ou pour proposer certaines activités de Verbe et Lumière-Vigilance aux écoles en France, dans le cadre de l'éducation morale et civique des jeunes. 

D’autres intervenants ont parlé du rôle des administrations civiles dans la « légalisation » des discriminations, du retour du révisionnisme dans la vulgarisation journalistique de l’histoire, de l’enracinement du mépris ethnique, religieux ou culturel dans maints conflits actuellement « gelés », du problème des souvenirs contestés, de la nouvelle banalisation du discours antisémite et de la nostalgie des mythes au lieu de la recherche de la vérité... toute une série de problématiques sur lesquelles nous sommes en mesure de proposer des antidotes.


 

La Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS) est chargée d’examiner les demandes individuelles présentées par les victimes ou par leurs ayants droit pour la réparation des préjudices consécutifs aux spoliations de biens (matériels et financiers) intervenues du fait des législations antisémites prises, pendant l’Occupation, tant par l’occupant que par les autorités de Vichy.  

Les préjudices qui ouvrent droit à indemnisation sont les suivants : le pillage d’appartement et de logement de refuge; la spoliation professionnelle et immobilière; la confiscation des avoirs bancaires et la consignation des polices d’assurance; le vol ou la vente forcée de biens culturels mobiliers (dont les œuvres d’art et les objets liturgiques); le versement de frais de passeur lors du franchissement de la ligne de démarcation et des frontières; la confiscation durant l’internement dans un camp.  

Les préjudices d’ordre moral n’entrent pas dans le champ de l’indemnisation. La Commission ne propose pas non plus d’indemnisation pour le manque à gagner, ni pour la perte de biens consécutive à un bombardement.  

Sur les presque 30 000 dossiers traités par la CIVS depuis 1999, environ 20 000 concernaient des avoirs matériels et 10 000 concernaient des avoirs financiers. Sur le total de 520 000 000 € payés à titre d’indemnisation à ce jour, environ 60 000 000 € ont été payés aux victimes de spoliations bancaires.

Le rôle du Centre Simon Wiesenthal - Europe

L’activité historique du Centre Wiesenthal dans la recherche sur les crimes de guerre se développe sur l’ensemble des préjudices antisémites subis avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, y compris les spoliations (matérielles et bancaires, mais également professionnelles et artistiques) et le rôle des collaborateurs à divers titres (les gouvernements, les banques, les entreprises...).

Le Centre a ainsi apporté son expertise et son effort de recherche à l’appui du recours collectif (class action) aux Etats-Unis intenté contre les banques qui avaient bloqué les comptes juifs en France. Grâce à cette action en justice, le processus d’indemnisation des avoirs financiers spoliés a été pris en charge par la CIVS.

Depuis les accords de Washington de janvier 2001 et le début des travaux de la CIVS, le Centre Wiesenthal a aidé les victimes de spoliations bancaires en les accompagnant au long de leurs démarches administratives, apportant des éléments supplémentaires de recherche, suivant l’instruction de leurs dossiers et les représentant lors des séances du collège délibérant de la Commission.

Pour être représenté gracieusement par le Centre Simon Wiesenthal-Europe – qui agit avec le soutien de Verbe et Lumière-Vigilance – et en savoir plus sur les démarches à suivre, veuillez nous contacter :
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Depuis la résurgence d’actes antisémites en France suite à la « seconde intifada » de l’an 2000, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme agit en défense des victimes d’agressions, injures et actes de vandalisme à caractère antisémite. Le BNVCA, dont le siège se trouve à Drancy (Seine-Saint-Denis), au cœur de la banlieue parisienne la plus agitée, travaille avec le soutien de l’association Verbe et Lumière - Vigilance.

Le service juridique du BNVCA est composé d’un secrétariat, de bénévoles, ainsi que de plusieurs avocats chargés de nombreux dossiers judiciaires en cours, parmi lesquels :

- L’affaire Mireille Knoll : le BNVCA s’est constitué partie civile dans cette affaire, suivie par Maître Charles Baccouche.

 

Mireille Knoll est née le 28 décembre 1932 à Paris. Rescapée de la rafle du Vél d’Hiv en juillet 1942, elle s’est réfugiée au Portugal.

Après la guerre, elle épouse un survivant d’Auschwitz et le couple part s’installer au Canada, avant de revenir plus tard à Paris.

Après le décès de son mari, Mireille, atteinte de la maladie de Parkinson, ne peut plus sortir de chez elle autrement qu’en fauteuil roulant et accompagnée de son auxiliaire de vie.

Le vendredi 23 mars 2018, vers 18 h 30, les pompiers entrent chez Mireille Knoll après qu’un voisin a signalé un incendie dans son appartement. Le corps sans vie de Mireille, en partie brûlé, est allongé sur son lit. Elle a reçu onze coups de couteau.

27 03 18   La Marche blanche du 27 mars 2018, à Paris.

Appelés sur place, les techniciens du laboratoire central de la préfecture relèvent cinq départs de feu dans l’appartement. Le caractère antisémite du meurtre est retenu par la justice le 26 mars. Le voisin de la vieille dame, Yacine Mihoub, est rapidement soupçonné, arrêté et placé en garde à vue. Il avait été condamné pour agression sexuelle, en février 2017, sur la fille de l’aide-soignante de Mireille Knoll, âgée de douze ans, et poursuivi pour faits de violences et de menaces de mort. Un deuxième suspect est arrêté près de l’Opéra Bastille. Il affirme que Yacine avait poignardé l’octogénaire sur son lit médicalisé en criant « Allahu Akhbar ! »

Les deux hommes, qui ont de lourds casiers judiciaires, s’accusent alors mutuellement d’avoir porté les coups. Début avril, la mère de Yacine est mise en examen pour « destruction ou modification des preuves d’un crime », après avoir nettoyé le couteau et fait disparaître les verres dans lesquels Mireille Knoll avait offert du porto à ses assassins.

L’affaire est encore en cours et mobilise les avocats de la victime et des parties civiles, suite à des rétractations des suspects, qui visent à enlever le caractère antisémite au crime, pour maintenir uniquement le motif crapuleux et d’une possible vengeance.

- L’affaire Faurisson d’Hondt : en 2014, de graves propos négationnistes sont tenus dans une vidéo intitulée « L’interview-vérité de Robert Faurisson ». L’affaire est suivie par Maîtres Léa Fiorentino et Laurence Lévy, de l’Organisation juive européenne. Le 8 août 2018, la Cour de cassation prononce un non-lieu à renvoi, rejetant ainsi le pourvoi formé par Patrick d’Hondt, dont la demande de questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) est jugée infondée.

- L’affaire Hervé Ryssen : l’essayiste Hervé Ryssen, de son vrai nom Hervé Lalin, diffuse des vidéos contenant des propos anti-juifs, propageant la haine. Maître Baccouche est chargé de cette affaire. Le 8 juin 2018, Hervé Ryssen est condamné à un an de prison ferme et à verser 2 000 € de dommage-intérêts au BNVCA et 1 000 € pour l’article 475-1. Le jugement est en attente du certificat de non-appel.

- L’affaire Roger Pinto : dans la nuit du 7 au 8 septembre 2017, Roger Pinto, son épouse et son fils sont victimes d’un cambriolage accompagné de violence, coups et propos antisémites dans leur pavillon de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis). « Vous êtes juifs, vous avez de l’argent », s’entendent-ils dire. Maître Bensimon est chargé du dossier. Les audiences se suivent et l’une des personnes mises en cause, Fatima Djuric, est actuellement placée en détention. - Affaires Zemor/BDS : plusieurs plaintes sont en cours à l’encontre d’Olivia Zemor, dirigeante de CAPJPO-EuroPalestine, instigatrice d’actions de boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) anti-israéliennes.


Le BNVCA lutte par tous les moyens légaux contre ceux qui tiennent des discours antisémites et antisionistes, y compris sur Internet, sites, blogs et réseaux sociaux, afin de les interdire.

Le BNVCA surveille et combat davantage les problèmes de voisinage, les petits actes antisémites, le harcèlement au travail, mais également le djihadisme anti-juif, nouveau phénomène qui influence de nombreux Français et Françaises d’origines et de religions différentes. Le numéro de la hotline 01 44 84 90 66 du BNVCA fonctionne 24h/24, 7j/7. Depuis la mise en ligne de son nouveau site Internet et la gestion quotidienne des réseaux sociaux, le Bureau recense beaucoup plus de signalements sur tout l’Hexagone que l’année dernière. Le BNVCA traite depuis le mois de janvier 2018 deux cent vingt affaires antisémites de tout ordre, qui font l’objet d’un suivi administratif et juridique.

Le BNVCA est régulièrement sollicité par les médias, nationaux et internationaux. Les ressources du BNVCA proviennent uniquement des dons de particuliers et de la subvention institutionnelle de la part de Verbe et Lumière - Vigilance, en cours depuis une quinzaine d’années.

 

Deux villes candidates au Patrimoine mondial de l’Unesco

   

Moisés Ville 

Depuis 2017, Le Centre Simon Wiesenthal, avec le soutien de Verbe et Lumière - Vigilance, promeut la candidature de Moisés Ville, un village 600 km au nord de Buenos Aires (Argentine), sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

L’initiative est lancée en reconnaissance à l’Argentine qui a accueilli et absorbé des réfugiés juifs qui, à leur tour, lui ont rendu la pareille en devenant des citoyens loyaux et productifs…

Moisés Ville fut fondée en 1889 par l’ICA (la Jewish Colonization Association) du baron de Hirsch à l’intention des migrants juifs fuyant les pogroms de Russie et d’Ukraine.

 

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La coopérative agricole “Baron de Hirsch” (photo Jewish Tours Bueno Aires) ; la communauté juive de Moisés Ville (photo Kedem Auction House).

L’initiative d’inscription de Moisés Ville sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco bénéficie du soutien du Gouvernement argentin, de l’Organisation des Etats américains (comptant 35 pays) et de la Coalition des villes latino-américaines et caraïbes contre le racisme, la discrimination et la xénophobie (Coalition LAC), entité qui regroupe 90 villes membres.

 

Sosúa 

Lors d’un rassemblement international d’experts qui s’est tenu à Evian-les-Bains, à la date du 80e anniversaire de la fameuse conférence de 1938 sur les réfugiés juifs fuyant le nazisme, une autre ville a été identifiée comme candidate au Patrimoine mondial de l’Unesco, Sosúa, un village côtier de la République dominicaine.

 

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Plaque de l’Hôtel Royal d’Evian-les-Bains commémorant la Conférence de 1938.

Des trente-deux pays représentés à Evian en 1938, trente et un ambassadeurs ont pris la parole pour expliquer pourquoi ils n’accueilleraient pas de Juifs. Un seul, la République dominicaine, a offert cent mille visas à des fermiers allemands juifs célibataires. Malgré le fait qu’il y avait très peu d’agriculteurs parmi les Juifs, quelque cinq cents d’entre eux ont pu émigrer après que la guerre eut éclaté – c’étaient les derniers Juifs à pouvoir quitter l’Europe. A leur arrivée en République dominicaine, on les a envoyés à Sosúa, où ils y ont fondé des coopératives.

 

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La coopérative “Casa Grande - Dorsa” ; des élèves de l’école célèbrent les 20e anniversaire de la ville (photo Sosúa Virtual Museum).

Sosúa représente un parcours symbolique : de l’impuissance totale des Juifs en 1938... jusqu’au moment où ils ont retrouvé leur histoire, leur géographie et leur souveraineté, en 1948… et enfin, jusqu’à ce jour, où des équipes d’assistance technique dépêchées par l’Etat d’Israël aident régulièrement des projets de développement en République dominicaine.


Ces deux villes sont parmi les centaines d’exemples d’assimilation réussie. Elles ne se sont pas arrêtées au stade de l’admission, mais ont franchi un pas de plus jusqu’à l’intégration. Ce sont des modèles à suivre, les pratiques les meilleures pour les défis d'aujourd'hui.

Le Centre Wiesenthal, avec le soutien de Verbe et Lumière - Vigilance, continue à identifier d’autres villes et villages ailleurs dans le monde, où les Juifs ont été accueillis et ont pu prospérer dans leurs pays hôtes, afin de promouvoir d’autres candidatures exemplaires au Patrimoine mondial de l’Unesco.