Unesco, Paris, le 6 juillet 2018

Le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, a ouvert la cérémonie en ces termes : « Ce programme unique de concours d’essais sur la Shoah, coorganisé par l’association Verbe et Lumière-Vigilance (VLV), le Centre Simon Wiesenthal Europe (CSW) et le Centre de recherche et d’éducation Holocauste (Russian Holocaust Centre, RHC), en est maintenant à sa quatorzième édition. Nous invitons chaque année à Paris les cinq étudiants lauréats des pays de l’ex-Union soviétique, qui viennent présenter à l’Unesco les résultats de leurs recherches. »

Les lauréats 2018 étudient respectivement à Moscou, Vladimir, Orel, Petrozadovsk et Berlin (cette dernière lauréate est une stagiaire allemande au RHC à Moscou). Ils ont été sélectionnés parmi plus de deux mille candidats.

Assistaient à la cérémonie les délégations auprès de l’Unesco de Russie, du Canada, d’Allemagne et d’Israël. Stefania Giannini, directrice générale adjointe à l’Education de l’Unesco, a tout d’abord félicité l’initiative des lauréats, soulignant que c’était une occasion de renforcer le programme de l’Organisation en matière d’enseignement des réalités de l’Holocauste, dont font partie le guide d’orientation sur l’enseignement de l’Holocauste et le guide à l’intention des enseignants pour faire reculer l’antisémitisme, ce dernier récemment sorti des presses. Elle a accepté l’éventualité de collaborer avec Verbe et Lumière-Vigilance, le Centre Simon Wiesenthal et le Centre de recherche et d’éducation Holocauste pour publier les essais primés de ces quatorze dernières années. Mme Giannini a cité des extraits des travaux des étudiants et leur a demandé s’ils envisageaient de faire une carrière académique, carrière que le réseau des chaires universitaires de l’Unesco encourage.

Alexei Kovalenko, conseiller auprès de la délégation russe de l’Unesco, a rappelé « les nouvelles vagues d’antisémitisme, de révisionnisme historique, d’islamophobie, de christianophobie… et même de russophobie », avec l’espoir que les étudiants « deviendront d’habiles intervenants qui sauront défendre leur cause dans les sphères universitaires ». M. Kovalenko a précisé que « presque la moitié des six millions de Juifs ont été assassinés sur le territoire de l’Union soviétique – ce fait n’a été compris que bien des années plus tard… Nous sommes à la croisée des chemins… La disparition des témoins… Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique et l’Occident n’avaient pas toujours la même optique, mais nous nous sommes alliés pour nous battre avec la coalition anti-Hitler… Il est temps que nous nous réunissions à nouveau… L’Histoire est une leçon sans fin. »

 

De gauche à droite, assis : Alexei Mikhailov, Carla Kerkmann, Tatiana Victorova, Michail Zakharov ; debout : Aleksei Rogatykh, Genc Seiti, Ilya Altman, Laurence Sigal, Stefania Giannini, Georges Haddad, Alla Gerber, Jens Streckert, Graciela Vaserman-Samuels, Shimon Samuels, Richard Odier, Alexei Kovalenko, Benedetto Zacchiroli, Stéphane Teicher, Alex Uberti.

La présidente du RHC, Alla Gerber, a expliqué que, « quand notre centre a ouvert ses portes, on n’avait pas entendu parler de la Shoah en Union soviétique. C’est pourquoi nous avons défini l’objectif de notre mission en ces termes : ‘‘mémoire et prévention’’ – vous le constaterez dans les approches novatrices de nos étudiants… L’antisémitisme en Russie n’est pas un mouvement organisé, mais depuis que notre fondation a été créée, soit vingt-six ans, notre but essentiel est de comprendre la résurgence de ce mal ».

Le professeur Georges Haddad, président de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a narré son élection alors qu’il avait 29 ans – « le plus jeune, le premier Juif et mathématicien élu président de la Sorbonne ». Il a indiqué que des graffiti antisémites ont surgi sur les murs après sa nomination. M. Haddad avait invité Elie Wiesel, Simone Veil et Bernard Kanovitch à donner une série de conférences sur la Shoah.

- La première par Elie Wiesel sur « Peut-on croire en Dieu après Auschwitz ? », basée sur son livre Le procès de Shamgorod, qui pose la question : « Qui se proposera pour défendre Dieu ? »

- La seconde par Simone Veil sur « Peut-on enseigner la Shoah ? » Sa réponse avait été : « Non, on peut informer, mais pas enseigner ni expliquer… »

- La troisième par André Kaspi sur « Le silence des historiens français » face à l’Holocauste et à la collaboration, et le défi de transmettre l’intransmissible.

Quand le journaliste Jean-Pierre Elkabbach a demandé à feu Claude Lanzmann : « Que craignez-vous le plus ? », ce dernier a répondu : « L’être humain ! » En somme, a conclu M. Haddad : « La Shoah est le plus grand trou noir de l’histoire humaine… rien ne peut l’égaler. »

Laurence Sigal, fondatrice et ancienne directrice du musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, actuellement directrice générale de la Fondation du judaïsme français, a évoqué le film documentaire de Claude Lanzmann Shoah comme « celui qui a changé les règles de la réalisation de films et de documentaires… Claude Lanzmann avait compris qu’après la Seconde Guerre mondiale, les nations étaient trop occupées avec leur propre reconstruction… Elles voulaient aller de l’avant, non pas retourner dans les ténèbres… Ce sont les survivants, les libérateurs, les résistants, les chercheurs, les documentalistes qui se penchaient sur les témoignages et les écrivains qui ont mis en lumière la volonté de vivre… Les victimes meurent une seconde fois lorsqu’il n’y a personne pour se souvenir d’eux… Il faut sans cesse raconter l’Histoire, car les mêmes événements sont sujets à maintes formes de perception à travers les générations. » Mme Sigal a également mis l’accent sur l’art en tant que témoignage et thérapie. Elle a cité l’exemple de la collection Friedl Dicker-Brandeis du Centre Wiesenthal en mémoire de Terezin.

Ilya Altman, président du RHC, a remercié la directrice générale adjointe à l’Education pour son intention de publier à l’Unesco les essais des lauréats. Il a ajouté : « Cette année, l’annonce du concours a été distribuée par l’Office des Nations unies de Moscou. Nous avons ainsi reçu des candidatures depuis l’Equateur jusqu’aux Etats-Unis, puisque ce concours est devenu international… Nous pourrions peut-être rassembler ces étudiants du monde entier, peut-être à la Sorbonne ? »

M. Altman a ensuite introduit chacun des lauréats et les a invités à présenter les résultats de leurs recherches (voir les liens vers les résumés en anglais) :

Aleksei Mikhailov, étudiant en maîtrise de sciences humaines à l’université d’Etat de Petrozavodsk (vit en Carélie) : « Le problème de compréhension de l’Holocauste dans la communauté académique et politique de Suède dans les années 1990-2000. » pdf

- Tatiana Victorova, étudiante en maîtrise de sciences humaines à l’université d’Etat de Vladimir : « Les problèmes liés à la recherche de documents sur l’histoire du camp d’extermination de Maly Trostenets (Biélorussie). » pdf

- Aleksei Rogatykh, étudiant en maîtrise de sciences humaines à l’université d’Etat des sciences humaines de Russie (Moscou) : « L’Holocauste à travers les yeux des libérateurs d’Auschwitz. » pdf

- Mikhail Zakharov, étudiant en maîtrise de sciences humaines à l’université d’Etat d’Orel : « Vice-versa : la transformation par l’extrême droite européenne de la représentation des Juifs et de l’Holocauste. » pdf

- Carla Kerkmann, étudiante au collège Alice-Salomon (Berlin) : « Comment l’Holocauste affecte-t-il nos vies, quatre générations plus tard ? » pdf

Joseph Moustaki, ministre-conseiller et délégué permanent adjoint de la délégation d’Israël auprès de l’Unesco, a réagi à l’essai de Mikhail Zakharov pour préciser que, « en tant que diplomate, je parle avec tout le monde, mais je n’aurai pas de contact avec ceux qui se proclament pro-Israël simplement pour couvrir leur antisémitisme ». Il a poursuivi en ces termes : « Vos essais sont la voix de ceux qui sont morts. Vous leur donnez une voix au travers de votre message. L’Etat d’Israël vous remercie, ainsi que les organisateurs de ce programme… Parmi la plupart des faits historiques, la Shoah est celui qui sollicite le plus les sentiments et les émotions. Ce genre d’initiative fournit des outils pour contrer les nouvelles formes d’incitation à la haine contre ‘‘l’Autre’’. »

L’ambassadrice du Canada, Mme Elaine Ayotte, a demandé aux étudiants : « Comment vos parents réagissent-ils à votre travail ? Continuez à leur poser des questions ! … Le Canada est fier de financer le Programme d’éducation sur l’Holocauste de l’Unesco. »

Benedetto Zacchiroli, président de la Coalition européenne de villes contre le racisme (Eccar), s’est enquis « des moyens de transmettre l’héritage de l’Holocauste ».

La lauréate allemande, Carla Kerkmann, lui a répondu que « les images ne peuvent pas faire revenir une personne, mais elles demeurent importantes pour sa mémoire ».

Le conseiller de la délégation allemande, Jens Streckert, a félicité « ces jeunes étudiants qui s’engagent à rechercher une multitude de données et à transmettre leur message… » Il a mis l’accent sur « le soutien apporté par l’Allemagne au travail de l’Unesco pour l’éducation de l’Holocauste ».

Genc Seiti, directeur de la Division des Etats membres et des partenaires de l’Unesco, a salué les organisateurs au nom de l’Unesco et a apporté son soutien à la poursuite de ce programme de lauréats russes.

M. Samuels a remercié Graciela Vaserman-Samuels, conseillère auprès de la directrice générale de l’Unesco, pour sa contribution au programme, ainsi que le personnel du Centre, Sheila Ryan et Alex Uberti. Il a également félicité Ilya Altman pour sa sélection de lauréats de cette année, « la plus sophistiquée qui soit, les étudiants déployant une conscience aiguë de leur rôle et se tournant vers l’avenir ».

Le président de Verbe et Lumière-Vigilance, Richard Odier, a clos la cérémonie en insistant sur le besoin d’empathie : « La disparition récente de Simone Veil et de Claude Lanzmann nous fait prendre conscience que la Shoah n’est pas un simple vecteur d’éducation, mais qu’elle doit toucher les cœurs. » Il a relevé la réserve de Simone Veil pour le terme « libération », lui préférant l’expression « ouverture des portes ». « Mme Veil a démontré que sa ‘‘libération’’ par les Britanniques à Bergen-Belsen n’a pas mis fin au décès de plus de cinq cents détenus par jour, morts de faim et de maladie, ni aux meurtres qui continuaient de se perpétrer par les gardiens allemands et hongrois, retenus sur place par les ‘‘libérateurs’’ pour ‘‘maintenir l’ordre’’ ! »

Le conseiller de la Fédération de Russie, Alexei Kovalenko, a invité tous les participants au lancement à l’Unesco de l’exposition coorganisée par le RHC et la délégation russe sur l’Holocauste en Union soviétique, exposition intitulée « The Holocaust: Annihilation, Liberation, Rescue » (« L’Holocauste : extermination, libération, sauvetage »).


Shimon Samuels intervenant à l’inauguration de l’exposition « The Holocaust: Annihilation, Liberation, Rescue » 
(« L’Holocauste : extermination, libération, sauvetage »).

Le conseiller de la Fédération de Russie, Alexei Kovalenko, a invité tous les participants au lancement à l’Unesco de l’exposition coorganisée par le RHC et la délégation russe sur l’Holocauste en Union soviétique, exposition intitulée « The Holocaust: Annihilation, Liberation, Rescue » (« L’Holocauste : extermination, libération, sauvetage »). Elle a été inaugurée par Alexander Kuznetsov, ambassadeur de la Fédération de Russie, Yuri Kanner, président du Congrès juif russe, Alla Gerber, présidente du RHC, et Shimon Samuels, directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal.

2018_Laureate_Aleksei_Mikhailov2.pdf

2018_Laureate_Aleksei_Rogatykh2.pdf

2018_Laureate_Carla_Kerkmann2.pdf

2018_Laureate_Tatiana_Viktorova2.pdf

2018_Laureate_Mikhail_Zakharov2.pdf

carton rouge

« ... Nous devons donner un carton rouge à toutes les expressions de préjugés dans le sport. »

Ce programme a jusqu’ici été présenté par le Centre Simon Wiesenthal, avec le soutien de Verbe et Lumière - Vigilance, à la Coalition des villes européennes contre le racisme et autres formes de discrimination (ECCAR) et au Parlement des pays d’Amérique latine (Parlatino), à la direction de la FIFA et de l’UEFA... et est progressivement en cours d’adoption par plusieurs clubs sportifs, en coordination avec les administrations de leurs villes respectives.

1) Chaque club membre d’une fédération émettra une déclaration publique pour annoncer son opposition à toute forme de racisme, de haine ou d’intolérance, et infligera une sanction à l’auteur dudit acte, conformément à un verdict qui sera visible à tous ceux qui fréquentent ces rencontres.

2) Les clubs doivent condamner publiquement pour racisme les chants, symboles, bannières et comportements racistes, xénophobes, discriminatoires ou néo-nazis au cours des matches.

3) Les détenteurs de cartes d’abonnement doivent signer une déclaration sous serment qui les engage à ne pas participer à des incidents racistes. Toute violation à cet engagement constituera une raison suffisante pour leur interdire l’entrée au club.

4) Empêcher la diffusion et la circulation de documents racistes, xénophobes, discriminatoires et qui prônent l’intolérance et/ou leur publication à l’intérieur du stade et/ou dans les zones environnantes.

5) Prendre des mesures disciplinaires contre tout joueur, entraîneur, journaliste et supporter qui se serait impliqué dans des affaires de racisme, discrimination et xénophobie, que ce soit à l’intérieur du stade ou sur les réseaux sociaux.

6) Etablir le contact avec d’autres clubs collègues afin de s’assurer qu’ils sont convenablement informés du règlement de l’institution en ce qui concerne le racisme, la xénophobie, la discrimination ou l’intolérance.

7) Coordonner les procédures anti-racistes avec la police, les organismes d’application de la loi et le personnel de sécurité propre à chaque club afin de déterminer des stratégies communes pour pénaliser les cas de racisme, de xénophobie et de discrimination.

8) Supprimer, retirer ou éliminer toute affiche, tout panneau, graffiti ou autre matériel raciste, xénophobe ou discriminatoire qui serait présent dans les stades.

9) Adopter une politique d’égalité des chances en ce qui concerne l’embauche et la prestation de services.

10) Travailler en collaboration avec divers groupes tels que joueurs, supporters, bénévoles, instituts de formation sportive, écoles, mécènes, commerçants, police, communications médiatiques, société civile et académies, afin d’élaborer des plans d’action destinés à empêcher, éliminer et sanctionner toute expression de racisme, xénophobie et intolérance.

11) Instituer une récompense qui reconnaisse, à la fin de chaque saison, le club ou le sportif qui, au cours de ladite période, aura promu ou réalisé les meilleures pratiques contre le racisme, la xénophobie et la discrimination.

Depuis 2005, l’association Verbe et Lumière - Vigilance soutient des initiatives de commémoration du génocide rwandais qui ont eu lieu en France et au Rwanda.

 

Livret pour la commémoration des génocides (rwandais, arménien et juif) publié en collaboration avec l’EEIF, le mouvement scout des Éclaireuses et éclaireurs israélites de France. 

 

Richard Odier à Kigali avec les autres participants du voyage de la Mémoire de l'Hashomer Hatzair, du CRJ et de la Première Dame du Rwanda, Mme Kagame, au palais présidentiel.

 

Shimon Samuels avec les membres de l’association pour la mémoire du génocide au Rwanda: IBUKA.

 

Lors de la « 4e Rencontre internationale des mémoriaux et de l’éducation à la citoyenneté - Réunion Chaire Unesco sur Extrémismes, radicalisations et rapport à la vérité », les activités de l’association Verbe et Lumière-Vigilance ont été présentées aux représentants de mémoriaux, d’universités et de centres d’étude en France, Italie, Allemagne, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Tunisie, Maroc, Rwanda, Cameroun et ailleurs.                                                    

Le site mémorial du Camp des Milles est un musée d'histoire et un lieu de mémoire préservé, mais aussi un laboratoire pluridisciplinaire donnant des clés de compréhension pour réagir à temps face aux crispations identitaires et aux extrémismes. Son action éducative et culturelle est destinée à renforcer la vigilance et la responsabilité des citoyens face au racisme, à l'antisémitisme et à tous les fanatismes. 

Dans ce cadre, Alain Chouraqui, président de la Fondation Camp des Milles, a invité un représentant de Verbe et Lumière-Vigilance à présenter ses activités. 

Alex Uberti a illustré les différentes activités soutenues par l’association, dont le travail de presque deux décennies avec la Commission d’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS), les expositions (« Le Peuple, le Livre, la Terre », « L’Euthanasie nazie des handicapés », « Médecins guerriers », « Génocides »...), les films (« La Rafle », mais également les films du Centre Wiesenthal projetés en France), les ouvrages (« L’Antisémitisme : la haine générique »,  « Livre de cuisine des rescapés - les recettes des grand-mères »), le « Calendrier multiconfessionnel 2018 » et le Concours annuel d’essais universitaires russes sur la Shoah... des projets, d’une part, axés sur le maintien d’une mémoire vive, et de l’autre, conçus comme des « antidotes » à la recrudescence de l’antisémitisme et d’autres formes de discrimination.

 


Alex Uberti avec Lena Casiez, directrice de recherche du Camp des Milles.

Plusieurs intervenants ont montré leur intérêt, entre autres, pour présenter nos expositions dans leurs instituts mémoriels, pour traduire notre calendrier multiconfessionnel dans davantage de langues, ou pour proposer certaines activités de Verbe et Lumière-Vigilance aux écoles en France, dans le cadre de l'éducation morale et civique des jeunes. 

D’autres intervenants ont parlé du rôle des administrations civiles dans la « légalisation » des discriminations, du retour du révisionnisme dans la vulgarisation journalistique de l’histoire, de l’enracinement du mépris ethnique, religieux ou culturel dans maints conflits actuellement « gelés », du problème des souvenirs contestés, de la nouvelle banalisation du discours antisémite et de la nostalgie des mythes au lieu de la recherche de la vérité... toute une série de problématiques sur lesquelles nous sommes en mesure de proposer des antidotes.


 

La Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS) est chargée d’examiner les demandes individuelles présentées par les victimes ou par leurs ayants droit pour la réparation des préjudices consécutifs aux spoliations de biens (matériels et financiers) intervenues du fait des législations antisémites prises, pendant l’Occupation, tant par l’occupant que par les autorités de Vichy.  

Les préjudices qui ouvrent droit à indemnisation sont les suivants : le pillage d’appartement et de logement de refuge; la spoliation professionnelle et immobilière; la confiscation des avoirs bancaires et la consignation des polices d’assurance; le vol ou la vente forcée de biens culturels mobiliers (dont les œuvres d’art et les objets liturgiques); le versement de frais de passeur lors du franchissement de la ligne de démarcation et des frontières; la confiscation durant l’internement dans un camp.  

Les préjudices d’ordre moral n’entrent pas dans le champ de l’indemnisation. La Commission ne propose pas non plus d’indemnisation pour le manque à gagner, ni pour la perte de biens consécutive à un bombardement.  

Sur les presque 30 000 dossiers traités par la CIVS depuis 1999, environ 20 000 concernaient des avoirs matériels et 10 000 concernaient des avoirs financiers. Sur le total de 520 000 000 € payés à titre d’indemnisation à ce jour, environ 60 000 000 € ont été payés aux victimes de spoliations bancaires.

Le rôle du Centre Simon Wiesenthal - Europe

L’activité historique du Centre Wiesenthal dans la recherche sur les crimes de guerre se développe sur l’ensemble des préjudices antisémites subis avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, y compris les spoliations (matérielles et bancaires, mais également professionnelles et artistiques) et le rôle des collaborateurs à divers titres (les gouvernements, les banques, les entreprises...).

Le Centre a ainsi apporté son expertise et son effort de recherche à l’appui du recours collectif (class action) aux Etats-Unis intenté contre les banques qui avaient bloqué les comptes juifs en France. Grâce à cette action en justice, le processus d’indemnisation des avoirs financiers spoliés a été pris en charge par la CIVS.

Depuis les accords de Washington de janvier 2001 et le début des travaux de la CIVS, le Centre Wiesenthal a aidé les victimes de spoliations bancaires en les accompagnant au long de leurs démarches administratives, apportant des éléments supplémentaires de recherche, suivant l’instruction de leurs dossiers et les représentant lors des séances du collège délibérant de la Commission.

Pour être représenté gracieusement par le Centre Simon Wiesenthal-Europe – qui agit avec le soutien de Verbe et Lumière-Vigilance – et en savoir plus sur les démarches à suivre, veuillez nous contacter :
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Tél. : + 33 1 47 23 76 37

logo BNVCA

 

Depuis la résurgence d’actes antisémites en France suite à la « seconde intifada » de l’an 2000, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme agit en défense des victimes d’agressions, injures et actes de vandalisme à caractère antisémite. Le BNVCA, dont le siège se trouve à Drancy (Seine-Saint-Denis), au cœur de la banlieue parisienne la plus agitée, travaille avec le soutien de l’association Verbe et Lumière - Vigilance.

Le service juridique du BNVCA est composé d’un secrétariat, de bénévoles, ainsi que de plusieurs avocats chargés de nombreux dossiers judiciaires en cours, parmi lesquels :

- L’affaire Mireille Knoll : le BNVCA s’est constitué partie civile dans cette affaire, suivie par Maître Charles Baccouche.

 

Mireille Knoll est née le 28 décembre 1932 à Paris. Rescapée de la rafle du Vél d’Hiv en juillet 1942, elle s’est réfugiée au Portugal.

Après la guerre, elle épouse un survivant d’Auschwitz et le couple part s’installer au Canada, avant de revenir plus tard à Paris.

Après le décès de son mari, Mireille, atteinte de la maladie de Parkinson, ne peut plus sortir de chez elle autrement qu’en fauteuil roulant et accompagnée de son auxiliaire de vie.

Le vendredi 23 mars 2018, vers 18 h 30, les pompiers entrent chez Mireille Knoll après qu’un voisin a signalé un incendie dans son appartement. Le corps sans vie de Mireille, en partie brûlé, est allongé sur son lit. Elle a reçu onze coups de couteau.

27 03 18   La Marche blanche du 27 mars 2018, à Paris.

Appelés sur place, les techniciens du laboratoire central de la préfecture relèvent cinq départs de feu dans l’appartement. Le caractère antisémite du meurtre est retenu par la justice le 26 mars. Le voisin de la vieille dame, Yacine Mihoub, est rapidement soupçonné, arrêté et placé en garde à vue. Il avait été condamné pour agression sexuelle, en février 2017, sur la fille de l’aide-soignante de Mireille Knoll, âgée de douze ans, et poursuivi pour faits de violences et de menaces de mort. Un deuxième suspect est arrêté près de l’Opéra Bastille. Il affirme que Yacine avait poignardé l’octogénaire sur son lit médicalisé en criant « Allahu Akhbar ! »

Les deux hommes, qui ont de lourds casiers judiciaires, s’accusent alors mutuellement d’avoir porté les coups. Début avril, la mère de Yacine est mise en examen pour « destruction ou modification des preuves d’un crime », après avoir nettoyé le couteau et fait disparaître les verres dans lesquels Mireille Knoll avait offert du porto à ses assassins.

L’affaire est encore en cours et mobilise les avocats de la victime et des parties civiles, suite à des rétractations des suspects, qui visent à enlever le caractère antisémite au crime, pour maintenir uniquement le motif crapuleux et d’une possible vengeance.

- L’affaire Faurisson d’Hondt : en 2014, de graves propos négationnistes sont tenus dans une vidéo intitulée « L’interview-vérité de Robert Faurisson ». L’affaire est suivie par Maîtres Léa Fiorentino et Laurence Lévy, de l’Organisation juive européenne. Le 8 août 2018, la Cour de cassation prononce un non-lieu à renvoi, rejetant ainsi le pourvoi formé par Patrick d’Hondt, dont la demande de questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) est jugée infondée.

- L’affaire Hervé Ryssen : l’essayiste Hervé Ryssen, de son vrai nom Hervé Lalin, diffuse des vidéos contenant des propos anti-juifs, propageant la haine. Maître Baccouche est chargé de cette affaire. Le 8 juin 2018, Hervé Ryssen est condamné à un an de prison ferme et à verser 2 000 € de dommage-intérêts au BNVCA et 1 000 € pour l’article 475-1. Le jugement est en attente du certificat de non-appel.

- L’affaire Roger Pinto : dans la nuit du 7 au 8 septembre 2017, Roger Pinto, son épouse et son fils sont victimes d’un cambriolage accompagné de violence, coups et propos antisémites dans leur pavillon de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis). « Vous êtes juifs, vous avez de l’argent », s’entendent-ils dire. Maître Bensimon est chargé du dossier. Les audiences se suivent et l’une des personnes mises en cause, Fatima Djuric, est actuellement placée en détention. - Affaires Zemor/BDS : plusieurs plaintes sont en cours à l’encontre d’Olivia Zemor, dirigeante de CAPJPO-EuroPalestine, instigatrice d’actions de boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) anti-israéliennes.


Le BNVCA lutte par tous les moyens légaux contre ceux qui tiennent des discours antisémites et antisionistes, y compris sur Internet, sites, blogs et réseaux sociaux, afin de les interdire.

Le BNVCA surveille et combat davantage les problèmes de voisinage, les petits actes antisémites, le harcèlement au travail, mais également le djihadisme anti-juif, nouveau phénomène qui influence de nombreux Français et Françaises d’origines et de religions différentes. Le numéro de la hotline 01 44 84 90 66 du BNVCA fonctionne 24h/24, 7j/7. Depuis la mise en ligne de son nouveau site Internet et la gestion quotidienne des réseaux sociaux, le Bureau recense beaucoup plus de signalements sur tout l’Hexagone que l’année dernière. Le BNVCA traite depuis le mois de janvier 2018 deux cent vingt affaires antisémites de tout ordre, qui font l’objet d’un suivi administratif et juridique.

Le BNVCA est régulièrement sollicité par les médias, nationaux et internationaux. Les ressources du BNVCA proviennent uniquement des dons de particuliers et de la subvention institutionnelle de la part de Verbe et Lumière - Vigilance, en cours depuis une quinzaine d’années.

 

Choux-fleurs farcis à la viande

Recette de Shoshana Bagdali, née en 1939 en Grèce. Fuyant les nazis, la famille de Shoshana a trouvé refuge auprès des partisans dans les montagnes, menant une vie de fatigue et de souffrance jusqu’à la fin de la guerre. En 1947, elle et ses deux grands frères se sont embarqués sur le navire Exodus pour rejoindre Israël et participer à la naissance de l’Etat.

Ingrédients :
3 choux-fleurs
Pour la farce :
1/2 kg de viande hachée
2 œufs
2 cuillères à soupe d'oignons hachés
sel et poivre
3 cuillères à soupe de chapelure


Pour la panure et la cuisson :
4 œufs
sel et poivre
chapelure
huile de friture


Pour assaisonner :
1 cuillère à café de curcuma
1/2 tasse de jus de citron
3 cuillères à soupe d'huile d'olive
des tiges de coriandre ou de persil, ou des rosettes de mâche

 

 

Préparation :

Faire bouillir les choux-fleurs dans l'eau salée pendant environ 10 minutes en prenant soin de ne pas trop les cuire. Séparez-les en gros bouquets et coupez chaque bouquet en deux pour y mettre la farce.

Pour la farce, mélangez la viande, les oignons hachés, 2 œufs, 3 cuillères de chapelure, du sel et du poivre dans un bol, puis farcissez les bouquets et pressez-les un à la fois.

Avant cuisson, dans un bol, battre 4 œufs avec le sel et le poivre. Placez la chapelure dans un autre bol. Passez chaque bouquet dans la chapelure puis dans les œufs.

Frire dans une casserole d'huile bouillante jusqu'à ce que le tout soit doré. Retirer du récipient avec une écumoire et déposer sur du papier absorbant.

Servir les bouquets panés dans un plat et assaisonner avec un mélange de curcuma, jus de citron et huile d'olive. Placez deux tiges de coriandre ou de persil, ou une rosette de mâche sur chaque bouquet. 

Le plat est servi !

 

Deux villes candidates au Patrimoine mondial de l’Unesco

   

Moisés Ville 

Depuis 2017, Le Centre Simon Wiesenthal, avec le soutien de Verbe et Lumière - Vigilance, promeut la candidature de Moisés Ville, un village 600 km au nord de Buenos Aires (Argentine), sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

L’initiative est lancée en reconnaissance à l’Argentine qui a accueilli et absorbé des réfugiés juifs qui, à leur tour, lui ont rendu la pareille en devenant des citoyens loyaux et productifs…

Moisés Ville fut fondée en 1889 par l’ICA (la Jewish Colonization Association) du baron de Hirsch à l’intention des migrants juifs fuyant les pogroms de Russie et d’Ukraine.

 

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La coopérative agricole “Baron de Hirsch” (photo Jewish Tours Bueno Aires) ; la communauté juive de Moisés Ville (photo Kedem Auction House).

L’initiative d’inscription de Moisés Ville sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco bénéficie du soutien du Gouvernement argentin, de l’Organisation des Etats américains (comptant 35 pays) et de la Coalition des villes latino-américaines et caraïbes contre le racisme, la discrimination et la xénophobie (Coalition LAC), entité qui regroupe 90 villes membres.

 

Sosúa 

Lors d’un rassemblement international d’experts qui s’est tenu à Evian-les-Bains, à la date du 80e anniversaire de la fameuse conférence de 1938 sur les réfugiés juifs fuyant le nazisme, une autre ville a été identifiée comme candidate au Patrimoine mondial de l’Unesco, Sosúa, un village côtier de la République dominicaine.

 

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Plaque de l’Hôtel Royal d’Evian-les-Bains commémorant la Conférence de 1938.

Des trente-deux pays représentés à Evian en 1938, trente et un ambassadeurs ont pris la parole pour expliquer pourquoi ils n’accueilleraient pas de Juifs. Un seul, la République dominicaine, a offert cent mille visas à des fermiers allemands juifs célibataires. Malgré le fait qu’il y avait très peu d’agriculteurs parmi les Juifs, quelque cinq cents d’entre eux ont pu émigrer après que la guerre eut éclaté – c’étaient les derniers Juifs à pouvoir quitter l’Europe. A leur arrivée en République dominicaine, on les a envoyés à Sosúa, où ils y ont fondé des coopératives.

 

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La coopérative “Casa Grande - Dorsa” ; des élèves de l’école célèbrent les 20e anniversaire de la ville (photo Sosúa Virtual Museum).

Sosúa représente un parcours symbolique : de l’impuissance totale des Juifs en 1938... jusqu’au moment où ils ont retrouvé leur histoire, leur géographie et leur souveraineté, en 1948… et enfin, jusqu’à ce jour, où des équipes d’assistance technique dépêchées par l’Etat d’Israël aident régulièrement des projets de développement en République dominicaine.


Ces deux villes sont parmi les centaines d’exemples d’assimilation réussie. Elles ne se sont pas arrêtées au stade de l’admission, mais ont franchi un pas de plus jusqu’à l’intégration. Ce sont des modèles à suivre, les pratiques les meilleures pour les défis d'aujourd'hui.

Le Centre Wiesenthal, avec le soutien de Verbe et Lumière - Vigilance, continue à identifier d’autres villes et villages ailleurs dans le monde, où les Juifs ont été accueillis et ont pu prospérer dans leurs pays hôtes, afin de promouvoir d’autres candidatures exemplaires au Patrimoine mondial de l’Unesco.